Anxiété –Je te tiens (1er)

Autant dans ma vie personnelle que professionnelle, j’ai la chance d’avoir des discussions de fond avec plusieurs personnes et je remarque qu’il y a de plus en plus de gens qui me disent souffrir de problèmes d’anxiété. J’en suis moi-même une habituée alors j’ai décidé d’écrire une série de billets sur ce sujet espérant aider les gens qui ne souffrent pas d’anxiété à mieux comprendre ce que c’est et ainsi être en mesure de supporter ceux qui en souffrent et pour les “anxieux”, que vous êtes et que je suis, je souhaite vous offrir quelques trucs supplémentaires qui m’ont été et me sont encore forts utiles dans les périodes plus difficiles.

Le weekend dernier, j’arrive chez une amie, je l’embrasse et lui demande la question inévitable, “Comment vas-tu ?”Elle me répond: “Ça ne va pas du tout, je ne sais pas ce qui m’arrive, j’ai de la misère à parler, je n’arrête pas de pleurer depuis une semaine, j’ai la gorge serrée, le souffle court et ça n’arrête pas dans ma tête, les pensées se bousculent, Anick je suis certaine que je suis en train de devenir folle !”

Ces phrases, je les ai entendues souvent et je les ai moi-même répétées à plusieurs reprises dans les dernières années et j’ai tellement eu peur de devenir folle. Un après-midi,  j’ai décidé que c’était assez;j’allais en avoir le coeur net. Je me suis rendue à  l’hôpital dans le but de rencontrer un psychiatre pour qu’il pose enfin le diagnostic de folie, de bi-polarité ou schizophrénie, non mais tsé, vaut mieux le savoir une fois pour toute, au moins je vais arrêter de me poser la question…

Devinez-quoi ?  Après quelques minutes de discussions avec le psychiatre, qui était en passant fort gentil, j’ai senti que je n’étais pas un cas lourd finalement et que non, je n’étais pas folle ! J’étais seulement en train d’exprimer un mal qui s’appelle “anxiété”. Quel soulagement de mettre enfin le doigt sur un mal qui m’a habité depuis ma tendre enfance. Pourquoi soulagement ? Et bien parce que maintenant que je savais ce qui n’allait pas, j’allais pouvoir apprendre à gérer cette “bébitte sournoise”et enfin me sentir mieux.

Suite à cette rencontre, j’ai décidé d’entreprendre une thérapie cognitive-comportementale qui m’a vraiment permise de reprendre possession de mes pensées, mes émotions et surtout de me sentir beaucoup mieux. Voici le premier élément que j’ai compris et qui a été essentiel dans ma gestion de l’anxiété.

Premièrement, vous devez retenir un mot “pensées“. En fait, tout part de nos pensées. Au contraire de ce que vous pourriez penser, ce n’est pas l’émotion d’anxiété qui provoque les pensées négatives et anxiogènes, mais ce sont plutôt les pensées que vous avez qui provoquent l’état d’anxiété.

Pensées = Émotions ou comportements

Donc, ce que vous devez apprendre à faire c’est d’identifier la ou les pensées qui ont provoqué le serrement dans la gorge ou dans la poitrine, les palpitations, la sensation de chaleur intense, de vertige, etc. en d’autres mots, l’état d’anxiété.

Dès que vous commencez à ressentir cet état, vous devez vous arrêter et réfléchir aux pensées que vous avez eues juste avant que commencent vos malaises. Plus vous réagirez rapidement, moins intenses seront vos malaises et moins longtemps ils dureront.

Pour ce faire, je vous suggère de prendre une feuille de papier et de dresser trois colonnes. La première intitulée “Situation“, la deuxième, “Émotions”et la troisième “Pensées négatives ou anxiogènes“.

Dans la colonne Situation, vous décrivez objectivement la situation dans laquelle vous vous trouviez.

Par exemple, lundi en fin de journée dans ma voiture en train d’écouter les actualités et ils parlaient de la rentrée scolaire.

Dans la colonne Émotions, vous nommez l’émotion ou les émotions ressenties et vous inscrivez l’intensité en utilisant une échelle de 1 à 10 (1 = très faible et 10 = insupportable).

Par exemple, anxiété à 7 /10

Dans la colonne Pensées négatives, vous inscrivez la ou les pensées négatives que vous avez eues pour chaque émotion nommé.

Par exemple, pour l’émotion d’anxiété :  ma fille commence l’école la semaine prochaine, je n’arriverai jamais à tout faire dans les temps pour qu’elle soit prête, l’an passé la rentrée ne sait pas bien passée, son enseignante était beaucoup trop sévère et elle a eu de la difficulté toute l’année,  elle ne réussira jamais aussi facilement que les autres, elle a sûrement un trouble d’attention et si c’est le cas elle va devoir prendre des médicaments et consulter des spécialistes, etc.

Je vous suggère de faire cet exercice durant quelques semaines puisque ça va vous permettre d’identifier les éléments qui causent votre anxiété et de prendre conscience des thèmes communs à chaque épisode d’anxiété, s’il y a lieu.

Vous aurez également plus conscience de la progression rapide vers des pensées “catastrophiques”. Ça peut prendre quelques minutes et voilà c’est la fin du monde…

J’arrête ici pour aujourd’hui et je vous reviens avec la suite dans un prochain billet. Nous ajouterons donc quelques colonnes à ce tableau et l’exercice sera complet.

Bonne pratique !

Anick Lemay

Coach en développement personnel

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